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ROUGEMONT, Frédéric de

Un Mystère de la Passion, et la Théorie de la Rédemption

1876

Neuchâtel, Berthoud, 1876, fort in-12, demi-basane noire de l’époque, dos lisse, orné, premier plat de couverture conservé, 510 pp. Manquent titre et faux-titre, marge intérieure de 7 feuillets renforcée.

Cet ouvrage comporte trois parties : un avant-propos introductif (qui fit l’objet d’une conférence à Lausanne en 1874), précédant le texte du drame intitulé « Un mystère de la Passion » lui-même divisé en 5 parties, un prologue et quatre journées, faisant intervenir de très nombreux personnages : L’Eternel, Micael, Uriel, Moïse et Elie, Séraphins et Chérubins, Satan, Sammael, Jésus-Christ, Marie, Philon juif d’Alexandrie, Eljada la connaissance de Dieu, de Béthanie, etc. et se concluant avec un descriptif de la descente de Jésus-Christ aux Enfers. Cet ensemble se termine par une étude : « Théorie de la Rédemption » et les diverses théories chrétiennes de cette thématique. Un chapitre est consacré aux théories mystiques d’Oehler qui venait de décéder au moment de la parution de cette étude et qui, en opposition avec les représentations d’Anselme, considérait le Christ comme « un Dieu-Homme qui, par amour pour les hommes, fait une œuvre de propitiation. Le Dante symbolise le Dieu-Homme par le Griffon mi-aigle, mi-lion : Oehler seul pourrait accepter cette image »

Dujols n°269, avril 1912 : « Un profond ésotérisme, teinté de Kabbale, se dégage de l’œuvre vraiment forte de F. de Rougemont. Selon lui, Dieu n’apparaît jamais sur la scène du monde et jamais ne se montre à ses créatures, pas même aux archanges. Il se révèle à l’univers par son fils, ou son verbe, qui est son image visible, l’ange de sa face, l’Homme des origines éternelles, Adam Qadmon. Le Fils est le Médiateur de toutes les œuvres divines, l’universel  C’est par lui que Dieu crée, et il est ainsi la porte par laquelle les êtres finis sortent du Père. Mais si la force centrifuge du Fils projette dans le néant les êtres finis, la force contraire de l'Esprit saint les fait graviter vers Dieu. Le Fils est leur porte de sortie ; l'Esprit, leur porte de rentrée. Dieu est l’Alpha et l’Oméga de la création ; mais le Fils en est plus spécialement l’Alpha et l’Esprit, l’Oméga. Le Fils pose la diversité, l’Esprit ramène à l’unité, et l’unité dans la diversité, c’est la perfection. Cet aperçu suffit pour donner une idée de l’élévation générale de cet ouvrage universellement apprécié. » Il s’agit du titre le plus rare de Frédéric de Rougemont, qui manque à Caillet comme à Dorbon. D’une insigne rareté.

500 €

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