Salon de La Rose+Croix. (10 mars au 10 avril). Deux lettres autographes signées

Salon de La Rose+Croix. (10 mars au 10 avril). Deux lettres autographes signées, d’Alexandre Séon, 25avril 913 (sic) et d’Armand Point, 25 nov 1905

Paris, Galerie Durand-Ruel, 1892, in-8, broché, 76, VIII pp. Les deux lettres sont rédigées à la plume, encre noire, format 11,5 x 16 cm et 11,5 x 17,5 cm, 4 et 2 pages, 55 et 26 lignes

C’est en 1891 que Joséphin Péladan crée l’Ordre de la Rose+Croix catholique du Temple et du Graal et le premier Salon de la Rose+Croix ouvre ses portes le 10 mars 1892. Il comporte près de deux cents œuvres. Parmi elles, on compte dix-neuf toiles et dessins d’Alexandre Séon – l’un des ambassadeurs du symbolisme rosicrucien de Péladan – parmi lesquelles le grand portrait du Sâr (Musée des Beaux-Arts de Lyon) et les frontispices de « La décadence latine ». Alexandre Séon écrit à son « cher Ami » Henri Mazel, auteur et journaliste proche du symbolisme, fondateur de la revue L’Ermitage. (Il publia, entre autres, à la Librairie de l’Art indépendant d’Edmond Bailly, « La fin des Dieux », contenant un dessin de Séon). Il fait tout d’abord l’éloge de Colette Yver, auteur féministe catholique, « … de la pureté de ses idées et de son désir d’être utile ».  Mazel a eu « des paroles trop aimables » pour le travail de l’artiste  et il l’en remercie. Suit une acerbe critique de l’époque teintée de critique sociale, qui n’est pas toutefois sans évoquer le contexte des Salons de Péladan « La classe bourgeoise […] est tombée dans un égoïsme sauvage […] elle est bêtement laide, donc la Beauté est devenue pour elle quelque chose de cabotin, un reproche à l’instant où elle veut être adorée, la charogne ! ». Il évoque la figure emblématique de l’ouvrier avec les « terrassiers », seuls à même de reconnaitre son travail. Il ajoute que « Malgré la sale époque de laideur et de prostitution, il faut dire et pratiquer la solidarité … » Il lui « serre amicalement les deux mains »

Armand Point, fidèle à Péladan tout au long de l’aventure des Salons, créera l’affiche bien connue du Salon Rose+Croix de 1896, représentant le guerrier androgyne tenant par les cheveux la tête d'Émile Zola. Il présentera trois œuvres au premier Salon de 1892. Cette même année, il s'installe à Marlotte (lieu où séjournèrent par la suite plusieurs figures de l’ésotérisme) et crée le logis de Haute-Claire, qu'il souhaite transformer en phalanstère où seront réunis de nombreux artistes et artisans et qui présentera sa production au Salon de l’Art idéaliste de Bruxelles en 1898. Là, tournant le dos à l’industrie, il renouera avec les arts et techniques du Moyen Age et produira, outre sa peinture, dans un style idéaliste imprégné des principes et règles définis par le Sâr, des émaux, des broderies d'art, des bas-reliefs, des reliures, des coupes et coffrets, des bijoux. Dans notre courrier probablement adressé à l’époux de « Mme Watson », il est question d’une pendeloque remise à cette dernière, qui devait la lui montrer. Point désirait lui présenter le bijou au préalable, mais ses « occupations nombreuses » l’ont empêché de réaliser ce projet. Il sera rue Bara à Paris le 15 janvier et aura « un très sincère plaisir à vous recevoir à mon atelier si vous voulez bien m’honorer d’une visite ».

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