Triomphe du corbeau, contenant les propriétés, perfections, raretés et vertus souveraines avec les significations des mystères relevés de nostre foy, et le triomphe du monarque lorrain remettant ... le sceptre de Judée en l'auguste maison de ses devanciers

Réimprimé chez P. Trenel à Saint-Nicolas-de-Port, 1839, édition conforme à l’édition originale de 1619, petit in-8, cartonnage éditeur avec figures allégoriques sur les deux plats, XIV, XXVI, 142, II pp. Titre en deux états. Charnières fendues et coins émoussés, parfait état intérieur.

Introduction de J. Cayon. Caillet 10948 : « Réimpression d’un livre introuvable, très recherché pour sa singularité, c’est un examen de la marche progressive des facultés de l’esprit humain où se révèle à chaque feuillet un sens mystique » Brunet V, 1024. Dujols, n° 428, V 1909 : « Nancy 1619. Réimpression de 1839 à très petit nombre de cet ouvrage introuvable... (Très rare et recherché). En réimprimant ce curieux ouvrage symbolique, J. Cayon a fait ressortir, dans une postface, « le sens mystique qui se révèle à chaque feuillet ». Nous nous bornerons à relever quelques titres de la table des matières qui viennent à l’appui de ses dires : La voix du corbeau en son auguration est un advertissement du ciel. — Significations diverses du Corbeau et de ses poussins selon les Pères. — Présages du Corbeau. — Dieu se sert du Corbeau en vengeance et autre chose. — Bonté du Corbeau prouvée par des receptes médicinales (chapitre vraiment suggestif et d’un grand intérêt thérapeutique). On verra par ailleurs que l’auteur n’était pas étranger à l’alchimie, et peut-être un adepte sagace découvrirait-il dans cette forêt d’allégories quelque clef du Grand-Œuvre. » Parmi les sources de la postface on trouve le Traité sur les apparitions des Esprits et les Vampires de Dom Augustin Calmet.

Ce petit livre fort singulier ne manquera pas de retenir l’attention de l’amateur d’ouvrages à clef. Il s’agit de la réimpression faite en 1839 d’un ouvrage publié en 1619, ouvrage très recherché mais devenu introuvable. Le prétexte parait de prime abord assez futile. L’auteur est le curé d’un petit village, Einville, alors résidence de chasse des ducs de Lorraine. Le parc de ce domaine est célèbre dans la région pour abriter une grande quantité de corbeaux qui excitent les railleries des visiteurs envers ce village et ses habitants. Cette situation amène l’auteur à développer un vibrant plaidoyer en faveur de ce qui est considéré comme un oiseau de mauvais augure et dont la laideur suscite la répulsion. Cayon, éditeur de cette réimpression, dans son commentaire, prend soin d’attirer l’attention du lecteur en faisant référence aux fabulistes de l’antiquité, car c’est bien de fable dont il s’agit. Prenant appui sur l’écriture sainte, faisant constamment recours à l’allégorie, l’auteur dans sa défense du corbeau, nous livre un manuel de mystique. Pour lui, le corbeau est souvent un messager de Dieu qui l’utilise dans sa vengeance. Il faut tout particulièrement noter la référence aux prophètes mais surtout à l’Apocalypse de Jean et la prophétie d’Ezéchiel. Le chapitre consacré à la bonté du corbeau et aux préparations médicinales est des plus curieux. Anthoine UZIER mentionne explicitement les alchimistes et l’importance que ces derniers assignent à la « tête du corbeau » qu’on serait tenté de rejeter alors qu’elle renferme l’essentiel. Un autre point des plus curieux est le rappel de l’origine de la maison de Lorraine qui serait issue de Godefroy de Bouillon. Le curé d’Einville y voit le présage de la reconquête du royaume de Jérusalem resté aux mains des infidèles. Chose curieuse, Cayon, en 1839 reprend ce passage à son compte et envisage une restauration effective du roi légitime de Jérusalem en la personne du duc de Lorraine alors empereur d’Autriche. On comprend que ce petit livre ait attiré l’attention de Pierre Dujols.

 

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2015-05-14

Fiche technique

Editeur
P. Trenel
Année
1839
Reliure
Livre relié
Langue
Français
900,00 €
TTC