EXCEPTIONNEL DESSIN ORIGINAL - NOTRE-DAME DE PARIS - PLANCHE POUR LE MYSTÈRE DES CATHÉDRALES. [VERS 1925-1926]

Mine de plomb et rehauts de gouache blanche, sur carton (453 x 307 mm). Signé « J. Champagne » en bas à droite et légendé d'une écriture gothique « Notre-Dame de Paris » en bas à gauche. Encadré sous verre.

Œuvre majeure de Fulcanelli, Le Mystère des cathédrales, interprétation de la décoration des cathédrales d'un point de vue alchimique, comporte plusieurs planches révélant les propos de l'alchimiste. Ces dessins sont l'œuvre de Julien Champagne artiste peintre de talent.  On dit souvent que le texte du « Mystère des cathédrales » lui serait attribué. Certains l’identifient également à Pierre Dujols, dont on sait qu’il avait constitué un fichier portant sur certains édifices, tout particulièrement sur les cathédrales gothiques. D’après Eugène Canseliet, Fulcanelli a connu Viollet-le-Duc pour avoir participé au siège de Paris sous ses ordres, dans une compagnie du Génie.

Cette planche (n° XIX de l’ouvrage) représente le socle du pilier Saint Marcel du portail Sainte-Anne de Notre-Dame de Paris. Fulcanelli commente ainsi le socle, qui selon lui, seul avec le dé, ont une valeur hermétique :

« Sur le socle cubique vous remarquerez, au côté droit, deux besants en relief, massifs et circulaires ; ce sont les matières ou natures métalliques, - sujet et dissolvant, - avec lesquelles on doit commencer l'Œuvre. A la face principale, ces  substances, modifiées par les opérations préliminaires, ne sont plus représentées sous la forme de disques, mais comme des rosaces à pétales soudés. Il convient, en passant, d’admirer sans réserve l’habileté avec laquelle l’artiste a su traduire la transformation des produits occultes, dégagés des accidents externes et des matériaux hétérogènes qui les enrobaient dans la minière. Au côté gauche, les besants, devenus rosaces, affectent cette fois la forme de fleurs décoratives à pétales soudés, mais à calice apparent. [...] le graphique du calice indique que les racines métalliques ont été ouvertes et sont disposées à manifester leur principe séminal. Telle est la traduction ésotérique des petits motifs du socle. Le dé va nous fournir l’explication complémentaire. Les matières préparées et unies en un seul composé doivent subir la sublimation ou dernière purification ignée. Dans cette opération, les parties adustibles se détruisent, les matières terreuses perdent leur cohésion et se désagrègent, tandis que les principes purs, incombustibles, s’élèvent sous une forme très différente de celle qu’affectait le composé. C’est là le Sel des Philosophes, le Roi couronné de gloire, qui prend naissance dans le feu et doit se réjouir dans le mariage subséquent, afin, dit Hermès, que les choses occultes deviennent manifestes. [...] De ce roi, le dé ne montre que le chef, émergeant des flammes purifiantes. [...] Après l’élévation des principes purs et colorés du composé philosophique, le résidu est prêt, dès lors, à fournir le sel mercuriel, volatil et fusible, auquel les vieux auteurs ont souvent donné l’épithète de Dragon babylonien. L’artiste créateur du monstre emblématique a produit un véritable chef-d’œuvre [...] un morceau de statuaire remarquable.

L’animal fabuleux émerge des flammes et sa queue paraît sortir de l’être humain dont elle entoure, en quelque sorte, la tête. Puis, dans un mouvement de torsion qui le cambre sur la voussure, il vient étreindre l’athanor de ses griffes puissantes. Si nous examinons l’ornementation du dé, nous y remarquerons des cannelures groupées, légèrement creuses, à sommet curviligne et base plane. Celles de la paroi gauche sont accompagnées d’une fleur à quatre pétales dégagés, exprimant la matière universelle, quaternaire des éléments premiers, selon la doctrine d’Aristote répandue au moyen âge. Directement au-dessous, le duo des natures que l’alchimiste travaille et dont la réunion fournit le Saturne des Sages, dénomination anagrammatique de natures. Dans l’entre-colonnement de face, quatre cannelures, allant en décroissant, selon l’obliquité de la rampe flammée, symbolisent le quaternaire des éléments seconds ; enfin, de chaque côté de l’athanor, et sous les serres mêmes du dragon, les cinq unités de la quintessence, comprenant les trois principes et les deux natures, puis leur totalisation sous le nombre dix « auquel tout finit et se termine ».

12 29 024 001
12 29 024 001
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