Moyen Age Dévoilé. Le Monde Dantesque. Première galerie illustrée. Les Papes de la terre, de l’Enfer et du Purgatoire
Paris, Librairie centrale des publications illustrées, 1857, in-4, demi-basane noire de l’époque, dos lisse, orné, XXIV, 122 pp., 8 planches gravées hors texte et nombreuses illustrations dans le texte. Plats frottés avec manques de papiers, rousseurs éparses.
Dujols cat. XX 1913, n° 55 : « Dante Alighieri est le Sphinx du Moyen Age, dont la science des Académies, des Universités, des Ecoles dites littéraires, n’a pu deviner la troublante énigme. Bien que chacun le lise et l’admire extatiquement aujourd’hui, déclare l’auteur, combien sont-ils qui comprennent son arte incognita, le mystère de ses arcanes ? Le monde dantesque ne peut être déchiffrable qu’avec les clefs secrètes de l’Initiation. « Les Sociétés et les Sciences dites occultes, poursuit Rhéal de Cesena, une de leurs branches léguée par l’antiquité orientale, c’est là encore une de nos convictions acquises, ont exercé une immense action latente, particulièrement dans la période dont nous parlons, et l’on ne saurait écrire son histoire sérieuse sans interpréter les éléments qui la remplissent et la relient aux âges primitifs comme au XIXe siècle. On a laissé vulgairement à l’ombre, dans l’antiquité grecque et romaine, les côtés mystiques et souterrains, accidentels ou du moins très éloignés : les choses des Mystères. Mais ils planent, avec le mysticisme, sur toutes ces zones ; ils en sont l’âme et le corps : ils sillonnent les palais, les cathédrales, les catacombes. Ils y arrivent, avec les figures égyptiennes, par les écoles byzantines ; ils en sortent, avec le triangle et la coupe, par la Franc-Maçonnerie et l’Illuminisme. Tant qu’on n’aura pas leur clef, on n’aura pas tout le fil de notre marche. L’histoire occulte, la statistique des origines et des causes reste à édifier, à côté de l’histoire chronologique et officielle ». Partant de ce principe, l’éminent traducteur des œuvres complètes du Dante nous révèle tout un Moyen âge ignoré, sombre et pittoresque, Babel tumultueuse avec ses hiérarchies et ses corporations, ses Réalistes et ses Nominalistes, ses Guelfes et ses Gibelins, ses moines et ses fous, ses Patarins et ses alchimistes, ses Fidèles d'Amour et ses Confréries de la Mort. Les leçons et les allégories du génial florentin, que la foule passe en faisant la moue pour courir aux cercles de Françoise et d’Ugolin, renferment dans leurs carrés magiques de l’astrologie bohémienne les problèmes des âges, autant que ceux de la Vie et de l’Eternité. Et c’est là la question, comme dit Hamlet, quand on parle d’Alighieri. Rhéal de Cesena s’y tient étroitement. Il remonte des effets à la cause et nous fait voir, parmi les chefs de la lignée dantesque, cet étrange moine Gerbert, disciple de la magie arabe, architecte de la Vieille Franc-Maçonnerie scientifique, auteur d’un abacus à la manière sarrazine aux allures de grimoire, de l’ Arithmomancia, traité des Nombres et des Chiffres basé sur les modes énigmatiques de Pythagore et de Boèce ; commentateur du Songe de Scipion et Kabbaliste à ses heures. Ailleurs, il illustre admirablement les origines mal connues des traditions gallicanes, avec le Paris du XIe siècle, Cariath-Sepher, la Ville des Lettres, qui se lève comme une nouvelle étoile dans la nuit médiévale. A chaque pas de l’écrivain dans le chemin ténébreux de l’histoire, c’est un voile qui tombe, un rayon qui brille, une vérité qui triomphe. »
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