... CHYMISCHE SCHRIFTEN ...

Des scharffsinnigen, weltberuffenen, und unvergleichlichen Philosophi Pétri Johannis Fabri, der wahren Artzney Doctoris und weyland Stadt-Physici zu Montpellier, alle in zwey Theile verfassete CHYMISCHE SCHRIFTEN, darinnen im ersten Theile enthalten.

Le premier volume comprend :

I. Die Universal-Chymie oder Anatomie der gantzen Welt, das ist, aller darinnen begriffenen Dinge, neben einer beyläuffigen klaren Information, was die Natur eigentlich sey, wie und woraus sie alle Dinge in den 3. Reichen producire, ernähre und erhalte, ingleichen wie, nach Imitation derselben, der Lapis Philosophorum durch die Spagyrische Kunst verfertiget werden müsse.

II. Die Universal-Weifsheit oder Anatomie des Menschen und der Metallen, worin die gantze Medicin, nebenst einer Entdeckung aller Kranckheiten und der Pathematum derselben, durch die Spagyrische Kunst renoviret gezeiget wird, nebst beygefügten sehr vielen nützlichen Arcanis. Anfänglich von dem Autore in Lateinischer Sprache klar, hell und sehr deutlich beschrieben jetzo aber denen Liebhabern der Philosophie und der natürlichen Wissenschafften, welche der Lateinischen Sprache unkündig, zum besten ins Deutsche übersetzet, und mit doppelten Registern versehen. Mit Ihr. Römisch-Kayserl. und Cathol. Majest. allergnädigsten Privilegio. Hamburg, in Verlegung Lucas Eding in der grünen Strasse, 1713. Gedruckt, durch Georg Friederich Schultzen.

 

Le second volume comprend : Hercules Pio-Chymicus. (p. 1) Hydrographum Spagyricum. (p. 75) Alchymista Christianus. (p. 181) Compendium Secretorum Chymicorum. (p. 291) Mit vielen geheimen Arcanis der Natur, welche aus denen Schrifften der Hermetischen Medicorum, hergenommen sind überflüssig versehen Chymische Apotheke. (p. 428) Palladium Spagyricum. (p. 647) Spagyrische Chirurgie. (p. 833) Propugnaculum Alchymiae, oder der Brustwehr der Alchymie. (p. 917)

Hamburg, in Verlegung Lucas Edingin der grünen Strasse, 1713, in-4, 2 tomes reliés en un volume, demi-percaline verte moderne, pièce de titre dorée, plats d’origine cartonnés conservés, armoiries sur le 1er plat, exemplaire non rogné, XVIII pp. (dont une page de titre imprimée en rouge et noir), 26 pp. (tables), 976 pp., 58 pp. (tables), 1 f., 974 pp., 42 pp. (tables). Culs-de-lampe et lettrines gravés sur bois. Des rousseurs, claires traces de mouillure, plus étendues aux premiers feuillets de tables.

L’exceptionnel exemplaire que nous proposons comporte les armoiries de la maison Schaumburg-Lippe surmontées des lettres P.E.G.Z.S.L., dont un internaute bibliophile a déchiffré la signification : Philipp Ernest (1659-1753, fondateur de la lignée Schaumburg-Lippe-Alverdissen à la maison de Lippe), Graf (comte), Zu (de), Schaumburg (district de Basse-Saxe), Lippe (comté de Lippe). Intéressante provenance bibliophilique et alchimique, Philipp Ernest, comte de Schaumburg-Lippe, étant le fils de Sophie de Hesse-Cassel et donc le petit-fils de Maurice de Hesse-Cassel, dit « Le Savant », landgrave de Hesse-Cassel (1572-1632), alchimiste, astronome et géomètre, lié, comme le rappelle Didier Kahn dans un article de la Revue de l’Histoire des Religions (n° 3, 2014), au mythe de la Fraternité Rose-Croix. Il ajoute que deux des trois manifestes Rose-Croix rédigés par Johann Valentin Andreae, Fama Fraternitatis et Confession Fraternitatis, furent imprimées en 1614 et 1615 sur les presses du Landgrave de Kassel, tout en précisant que ce dernier n’en avait pas moins fait condamner à la prison à vie Philipp Homagius qui avait accueilli ces publications avec enthousiasme et militait pour leur mise en application immédiate ! Didier Kahn y décèle « l’influence de certains des penseurs allemands et italiens les plus téméraires de la fin de la Renaissance : Sébastien Castellion, Valentin Weigel, Jacopo Acontio, Julius Sperber, Ægidius Gutman, ainsi que Paracelse. L’alchimie entrait pour beaucoup dans ces aspirations (La Landes- und Murhardsche Bibliothek de Kassel possède 259 manuscrits alchimiques, presque tous en allemand et ayant presque tous appartenu à Maurice le Savant) — mais une alchimie telle que l’avait voulue Paracelse lui-même, débarrassée du projet de fabrication de l’or et réorientée exclusivement vers la médecine, une médecine pratiquée gratuitement dans un but purement charitable. Il n’était pas question pour leurs auteurs de diffuser la Fama et la Confessio avant le moment jugé par eux opportun.  […] Or même si l’alchimie (dont Maurice était l’un des grands mécènes) faisait partie intégrante du programme de ces manifestes, elle ne suffit pas à expliquer l’accord du Landgrave pour leur publication : c’est une chose d’acquérir une copie de pareils textes, c’en est une tout autre de les faire imprimer. […] Le Landgrave partagea sans doute certains des intérêts des tenants de la Rose-Croix, mais il le fit avec prudence et discrétion, et sans tolérer que son autorité soit remise en cause – ce dont Homagius fit les frais en 1619.»

Les armoiries estampées à la feuille d’or sur le premier plat sont celles de la principauté de Schaumburg-Lippe. Elles sont surmontées de trois casques, le premier coiffé d’ailes éployées, le deuxième supportant une couronne d’épines plantées de plusieurs pennons et le troisième un instrument à vent en forme de lyre. Elles se décrivent ainsi dans la désuète mais si belle langue héraldique : « Écartelé : aux 1 et 4, d'argent, à une rose d'azur, boutonnée et barbée d'or (comté de Lippe) ; aux 2 et 3, de gueules, à une étoile d'or, supportant une hirondelle au naturel (comté de Schwalenberg). Sur le tout de gueules à un écusson triangulaire coupé d'argent sur gueules, côtoyé de trois feuilles d'ortie d'argent, alternant avec trois clous du même, posés en pairle (Schaumburg.). »

Pierre-Jean Fabre de Castelnaudary, alchimiste, est né dans cette ville vers 1588. Disciple de Guillaume Arragos (médecin des rois Henri II, François II et Charles IX puis de l’empereur Maximilien II), il s’initia sans doute à l’alchimie à Montpellier, comme la plupart des médecins de cette Ecole, qui d’après René Nelli, s’adonnaient aux études secrètes et traditionnelles. Dans son Alchymista christianus, Fabre rapporte l’expérience réussie d’une transmutation. Il sera remis à l’honneur par Cambriel et Fulcanelli. Son œuvre écrite traite pour l’essentiel de médecine spagyrique, domaine dans lequel il bénéficie très vite d’une grande renommée. Fulcanelli le mentionne en tant qu’auteur de l’Abrégé des Secrets chymiques, dans lequel il se montre un défenseur de la « Philosophie naturelle » « où l’on voit la nature des animaux, végétaux et minéraux entièrement découverte avec les vertus et propriétés des principes qui composent et conservent leur estre ». Il y rattache naturellement la pratique médicale. Les ouvrages de cet auteur prolixe, souvent rédigés en latin, sont, pour la plupart, publiés à Toulouse. Mais le prestige de Pierre-Jean Fabre s’étend très vite aux régions du Saint-Empire Romain germanique, ce qui lui vaut d’être traduit en allemand.

12 12 025 008
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Fiche technique

Année
1713
Reliure
Livre relié
Langue
Allemand
2 800,00 €
TTC