Amphitheatrum Sapientiae Æternæ Solius Veræ, Christiano-Kabalisticum, Divino-Magicum, Physico-Chymicum, Tertriunum-Catholicon. Instructore Henrico Khunrath Lips. Titre reproduisant celui de l’édition de Hanau, 1609
Paris, Chamuel, dépositaire général, 5 rue de Savoie, 1898. « Réédité par les soins de Marc Haven et de Papus. » Grande Imprimerie d’Arcueil, in-folio, demi-basane marbrée brune de l’époque, dos à nerfs orné de filets dorés, pièce de titre noire, premier plat de couverture conservé, imprimé en noir et rouge, IV pp. et 11 planches (sur 12), dont 8 sur doubles pages.
Réédition des seules planches de l’Amphitheatrum, dans un format supérieur à celui de l’édition Chacornac (in-folio, la réimpression chez Chacornac étant in-4), et imprimées sur un papier plus fin. Manque ici la planche : « Adumbratio GYMNASII Theo-magici, macro-cosmici catholici illius, quod NATURÆ ἁγιαστηριον est publicum & magnum »
Point souvent ignoré : il existe deux émissions de cette réédition de 1898. La nôtre, au nom de Chamuel, l’éditeur attitré de Papus, est d’une extrême rareté. Seul Bodin la catalogue. Manque à Dujols, Caillet, Dorbon, Guaita, au catalogue de la Bibliothèque nationale, etc. qui ne connaissent que l’édition Chacornac. Autrement dit : la reproduction phototypique que Dorbon signale comme « exécutée par les soins de Papus et de Marc Haven » a d’abord paru sous cette forme, dans son plus grand format, avant d’entrer dans la Bibliothèque rosicrucienne de René Philipon. Elle ne porte pas de nom d’éditeur mais un simple « CHAMUEL, dépositaire général, 5 rue de Savoie ».
Les planches sont précédées d’une préface signée des Drs Marc Haven et Papus : « … Il nous a paru que c’était à la fois rendre un hommage à une haute intelligence, et être utile à ceux qui cherchent, que de rééditer les planches révélatrices de l’Amphithéâtre. Ce que nous publions aujourd’hui constitue toute l’œuvre symbolique de Khunrath ; c’est un chemin vers la Sagesse qu’un grand initié nous révèle d’un geste silencieux… »
Le volume se trouve en outre dédié « A la mémoire de notre Frère bien aimé Stanislas de Guaita »
Exemplaire réunissant les trois grandes figures de l’occultisme de la Belle Époque : Papus (Dr Gérard Encausse) et Marc Haven (Dr Emmanuel Lalande), l’offrant en hommage à F.-Ch. Barlet (Albert Faucheux), l’une des autorités morales et doctrinales du mouvement. Papus et Marc Haven comptèrent parmi ses disciples les plus fidèles.
F.-Ch. Barlet (Albert Faucheux) fut l’une des figures les plus considérables et les plus discrètes de l’occultisme français.
Il quitte la Société Théosophique en 1888 avec Papus. Reçu vers 1885 dans la H. B. of L., il en devient l’un des principaux introducteurs à Paris. Membre du premier Suprême Conseil de l’Ordre Martiniste, il fut l’un des sept conseillers et professeur de la Faculté des sciences hermétiques, évêque de l’Eglise gnostique de Doinel.
Cofondateur enfin de l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, dont il devient Grand Maître à la mort de Guaita (en décembre 1897). Animateur prolixe de la presse du milieu : secrétaire de rédaction de L’Initiation, rédacteur en chef de L’Écho de l’au-delà et de La Revue spiritualiste illustrée, directeur de La Revue Cosmique (1901-1903), fondateur de La Science Astrale (1904) et de L’Etoile d’Orient (1908), il fut l’un des artisans du renouveau de l’astrologie en France et le théoricien d’une « sociologie initiatique ».
C’est à lui que le jeune René Guénon dut l’accès aux papiers de la H. B. of L. et aux notes de Saint-Yves d’Alveydre sur l’Archéomètre.
Document de premier ordre, remarquable par la suite de ses provenances. Il porte l’envoi autographe de Papus : « Au maître Barlet — En hommage — (Haven) Papus ». Il passa ensuite dans la bibliothèque de René Alleau, l’un des plus importants historiens de l’alchimie et de l’ésotérisme du XXᵉ siècle (son ex-libris figure à l’entrée du volume).