Une lettre autographe doublement signée, à en tête « Rosae Crucis Templi Ordo

Une lettre autographe doublement signée, à en tête « Rosae Crucis Templi Ordo. Deuxième Geste esthétique. Pour Mars-Avril 1893. Salon & Soirées de la Rose-Croix », imprimée en rouge sur papier jaune, adressée au sculpteur Anatole Marquet de Vasselot

Un feuillet 21 x 27 cm, rédigé à la plume, encre noire, recto-verso, 18 lignes.

« Le Grand Maître Sar Péladan au Seigneur Vasselot ». Dans cet important document, Péladan sollicite de son « Maître & Ami » une participation artistique au second Salon de la Rose-Croix de 1893 par l’apport du « grand buste de Balzac pour une chapelle, le bas-relief, le médaillon de Wagner et votre terre-cuite d’Honorius », participation effective, puisque l’on retrouve des esquisses correspondant aux œuvres en question référencées sous les n° 257 à 268 du Salon de 1893. Le Comte Anatole Marquet de Vasselot (1840-1904), en effet, outre ses activités administratives (rédacteur au Ministère de l'Intérieur) s’initia à la sculpture et entra à l’Ecole des Beaux-Arts dès 1865. Il reçut de nombreuses commandes d’œuvres que l’on retrouve à la fois dans divers édifices religieux, dont le Sacré-Cœur de Montmartre et dans certains musées (Musées des Beaux-arts de Lyon, d’Angers, Maison de Balzac et Petit Palais à Paris…). Sa notoriété fut considérable dans les cercles symbolistes, et surtout dans le large entourage de Joséphin Péladan, qui ne manqua pas de faire appel à ses talents créatifs afin d’enrichir les divers Salons de la Rose-Croix, enthousiasme partagé par les cercles occultistes de ce temps – Larmandie, Antoine de La Rochefoucauld, Odilon Redon, Armand Point, Edmond Bailly, Chamuel, Rachilde, Judith Gautier, Grillot de Givry… Parmi ses œuvres les plus remarquées, plusieurs portraits et bustes de Balzac, qui fut une figure majeure dans le parcours de notre sculpteur. On sait que Balzac partagea avec son épouse Mme Hanska (elle-même très proche d’Eliphas Lévi), un fort intérêt pour les doctrines ésotériques. Péladan sollicite par ailleurs le comte : « Si vous pouvez faire un buste de Léonard et de Saint Thomas d’Aquin, je les cherche. Il me les faut. Ils n’existent pas ? » (On sait que Joséphin Péladan fut l’auteur d’une « Dernière leçon de Léonard de Vinci »).

En reprenant, semble-t-il à son compte, le titre d’Archonte, Joséphin fait allusion à sa rupture avec son principal soutien financier, La Rochefoucauld, le conduisant à assumer les frais occasionnés par la création des Salons. Il conclut : « Vous n’ignorez pas que Archonte comme grand Maître, & que l’affaire est lourde à l’escarcelle maternelle ».

12 28 021 008
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