L’Au-delà des grammaires

Paris, Sansot, 1904, in-12, demi-toile brune postérieure, couvertures conservées, IV, 316 pp. Bon exemplaire.

Rarissime édition originale de l’œuvre maîtresse de ce poète, grand connaisseur du druidisme. Texte qui ne connut qu’une réimpression très partielle en 1955, incorporée à l’anthologie intitulée « Mes Semailles ». On connait l’exceptionnel parcours poétique de Philéas Lebesgue (prix Moréas 1924) dont l’inspiration de départ fut essentiellement mallarméenne et symboliste, qui prit, parallèlement à son étroite amitié avec Milosz, une coloration plus ésotériste. Egalement très tôt, il se sentit concerné par la question du druidisme, fut membre du Collège bardique des Gaules ce qui, ajouté à sa proximité avec Jacques Heugel, aboutit à sa consécration en tant que Grand Druide du Gorsedd de Bretagne en 1939. C’est à cette source qu’André Savoret développa son intérêt et ses connaissances dans ce domaine. Paul Le Cour fonda en juin 1926 la Première Société d’Etudes Atlantéennes à laquelle fut associé dès 1927 son grand ami Philéas Lebesgue. Selon divers témoignages, Lebesgue considérait l’Au-delà des grammaires comme le livre essentiel de sa pensée, ce que signale plus particulièrement l’alchimiste Eugène Canseliet lorsqu’il affirme que cette œuvre : « pourrait fort bien être la meilleure réponse à la question : Qu’est-ce que l’alchimie ? ». En effet, il cite un judicieux passage de notre auteur : « il émane des choses et de nous-mêmes un rayonnement invisible, des vibrations, des ondes indéfiniment propagées selon la diversité de rythmes nombreux ; il existe en nous, autour de nous, comme le flux et le reflux d’une mer où nous serions baignés jusqu’aux profondeurs de nos fibres charnelles, des pulsations mystérieusement accordées entre elles et d’une telle importance pour chacun de nous, à cause de leur étroite parenté avec le principe même de la vie, que les hommes reconnurent de tout temps un don céleste à quiconque se révélait capable de fixer pour les autres, fût-ce par hasard ou fugitivement, ces rapports étranges. ». Et Canseliet d’ajouter : « N’est-ce pas là, assurément, ce qu’on peut appeler l’alchimie spirituelle et qui justifie pleinement que la discipline d’Hermès soit un état de conscience, quoique le mystère semble alors se surajouter au mystère ». Dans cette profonde investigation tournant autour du thème général de la linguistique (construite, nourrie, analysée et enrichie d’un ensemble de connaissances puisées aux sources les plus diverses : grandes figures littéraires et poétiques, citant également les recherches extraites du corpus maçonnique étudié par J.-M. Ragon). Œuvre dans laquelle on retrouvera des citations fort significatives de l’œuvre du savant (et alchimiste ?!) Eugène Chevreul, mais également de Raymond Lulle et son Art Cyclomonique. Ne pourrions-nous pas établir un périlleux parallèle entre les travaux de notre auteur et ceux de Grasset d'Orcet, d’Alévy, Raymond Roussel et, finalement, Fulcanelli ? Précieux exemplaire enrichi d’un envoi autographe de Philéas Lebesgue.

12 12 023 015
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2017-07-11

Fiche technique

Editeur
Sansot
Année
1904
Reliure
Livre relié
Langue
Français
950,00 €
TTC