Dactylologie et langage primitif restitués d'après les monuments

Paris, Didot, 1850, fort in-4, demi-chagrin noir de l'époque, dos lisse, orné, VIII, 322 pp., 38 pp. (index), 61 planches gravées hors texte dont 2 en couleur et 36 pp. (Lexéologie grecque pour l’intelligence des sigles antiques). Bon exemplaire.

Caillet 770 : « Ouvrage fort documenté et très rare… » Les trois premiers chapitres sont plus particulièrement consacrés aux caractères primitifs de la langue hébraïque et à sa genèse. L'auteur s'appuie bien entendu sur les travaux de Court de Gébelin, Brown, Montfaucon, Walton, Alexandre Lenoir, Kircher, mais également sur les recherches très spécifiques du Chevalier Drach, de J.B. Porta, et, surtout, de M. de Brière (Essai sur le symbolisme antique d'Orient). Ouvrage illustré de nombreuses et belles planches de représentations mythologiques. Manque à Dorbon. Précieux exemplaire enrichi d'un envoi de l'auteur.

Dujols n° 77, avril 1913 : « (rarissime). La main a toujours joué un grand rôle occulte dans l'antiquité. On sait qu’en grec, les mots χειροθεσια, χειροτονια veulent dire invocation, évocation, imprécation, au moyen de certains signes de la main. Les δακτυλοι-ιδαιοι étaient des magiciens, des enchanteurs, des empoisonneurs. Le nom du centaure Chiron, célèbre par ses connaissances occultes, vient probablement de χειρον, magicien. De même, en latin, le mot indigitamenta, indigitation, ou indication au moyen des doigts, signifiait encore enchantements, maléfices. Chez les Hindous, l’abéaston est un geste sacré, qui se fait soit en tenant la main ouverte et les doigts plus ou moins serrés, soit en tenant le pouce et les deux premiers doigts élevés, et les deux derniers doigts pliés. Ce signe ésotérique, employé par les païens, a été adopté par les chrétiens qui n’en connaissent pas toujours le symbolisme. Cependant, on ne doit pas ignorer, dans l’Eglise que l’expression precem indigitare signifie prier en élevant les mains vers le ciel, les doigts étendus. Le langage digital, bien connu encore des sociétés secrètes, est celui que parlent, toutes les statues, toutes les peintures de l’antiquité. Une statue sans mains est comme un être humain sans langue : c’est une personne muette. J. Barrois, après de longues et savantes recherches, a reconstitué enfin la Chirologie, et son bel ouvrage est une initiation complète à la science des attitudes ésotériques. Qu’un profane s’extasie devant le torse tourmenté d’un Hercule massif ou les formes exubérantes d'une Vénus callipyge, le vrai théosophe, en entrant dans un musée, doit voir l’idée vivante enclose en ces masses inertes. Grâce à la Dactylologie, une partie des Mystères antiques, et non la moindre, est absolument dévoilée, et c’est ce qu’ont très bien reconnu Papus et Paul Vulliaud, le premier dans son grand Traité méthodique de Science Occulte ; le second, dans sa superbe conférence faite naguère au Palais du Trocadéro. L’art sacré est comme l'Apocalypse, un livre fermé de sept sceaux. J Barrois nous en a donné la clef dans son magnifique volume, illustré de 61 superbes planches hors texte de toute beauté ».

12 20 025 142
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